Amics occitans, la cronica Ribon-Ribanha d’ancuei, titrada « MORRE. », vos es presentada da Joan-Pèire SPIES, president de l’IEO 06.

Asperam tanben lu vòstres escrichs per li cronicas futuri, que sigon racòntes dau passat ò dau quotidian, articles jornalistics, galejadas, poesias, cançons, scenetas de teatre, bendas dessenhadi…

a l’adreça : ribonribanha@yahoo.fr
« La garderem ribon-ribanha, nòsta rebèla lenga d’Òc ! »

L’oeuvre que j’ai proposée à l’appel à contribution artistique dans le cadre du projet Antoine RISSO est une poésie mise en scène dans le cadre d’une composition comprenant une photo, le texte et des éléments graphiques.

Elle est encore visible jusqu’à vendredi dans le cadre de l’exposition JUSQU’ICI TOUT VA BIEN à Nice, Maison de l’Environnement, 31 avenue Castellane. Une œuvre d’Arlette Pastor y est également présentée.

Barrotlavi a l’azard dei camins

en li pèiras joioï

environat de plantas exuberanti

tot jugava tot cantava

tot faía bus

denant l’industria fòla

sobremultiplicada

gonflada sensa fin

destructritz

denant l’acarnament agotant

que poa au fin fons

mentre la desirança acampa

lo demai de set amolona

la golositat rapaça rauba

denant

l’uèlh mieu jugava lu trebolafèstas

e l’objectiu donava de batre d’uèlhs parier…

pi

dins la cambra negra

èran figas d’un autre cavanhòu

trevavi la miseria de la tèrra,

rictús espaventats

escracanhs desvariats

engaunhadas esfreiadi

labrassas gracioï tormentadi

tornavan nàisser lu èstres de consciença

cridant la pavana en silenci

racant la dolor

m’en dobtavi mas

aquelu de morres, sornaruts,

languissós ò a la malora,

per sempre encarcerats

dins la ròca originala,

portaires d’una paraula ?

cen que nen diètz,

morres desganguilhats ?

Joan-Pèire SPIES

Les trois éléments évoquent la douleur, la tristesse d’un monde qui s’abime, que la présence humaine perturbe trop, et en même temps le message porteur d’espoir d’une prise de conscience possible, une révolte indispensable qui vient, si l’on sait tendre l’oreille à la vie…

Titre : MORRE (GUEULE)

Panneau sur papier kraft, encre, photo. 100 CM X 100 CM

Le texte en niçois évoque aussi la diversité nécessaire, y compris celle des langues…

Voilà l’adaptation en français :

j’allais au gré des chemins

parmi les pierres joyeuses

enveloppé de plantes exubérantes

tout jouait tout chantait

faisait semblant de rien

avant la folle industrie

surmultipliée

gonflée à l’envie

destructrice

avant l’acharnement épuisant

puisant au tréfonds

tandis que la convoitise amasse

que le trop-plein de soif accumule

que la rapace avidité rafle

avant

mon œil jouait les trouble-fêtes

et l’objectif aussi faisait des clins d’œil…

puis

dans la chambre noire

ce n’était pas la même limonade

je fréquentais la misère de la terre,

rictus effarés

ricanements affolés

grimaces apeurées

lippes gracieuses torturées

renaissaient les êtres de conscience

criant en silence la peur

vomissant la douleur

je m’en doutais mais

drôles de gueules, taciturnes, mélancoliques et chagrines,

pour toujours confinées dans la pierre originelle, porte-paroles ?

que nous dites-vous, gueules tourmentées ?

ARLETTE PASTOR

Inondations

Sècheresse

Fonte de la banquise


ACTES DÉSESPÉRÉS D’ÉLÉMENTS MALMENÉS

Dans un acte désespéré, l’océan entoure ces îlots qui se brisent dans un chaos irréversible

Retenir ces failles

Sauver, enserrer, étreindre, protéger

Tableau 70 cm x 30 cm

Techniques mixtes

Pigments naturels et acrylique sur toile

Collage ficelle, terre

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